Les deux formes d’expression du haut potentiel chez l’enfant

« Le monde ne vaut que par les ultras et ne dure que par les modérés »

Paul Valéry

La littérature a longuement décrit le profil cognitivo-comportemental type de l’enfant à Haut Potentiel (HP). Ce portrait dépeint de façon étonnamment juste la majorité des enfants à haut potentiel intellectuel. Or, bien qu’il ait été utile de proposer cette description « métonymique » pour les besoins de l’identification claire d’une problématique jusqu’ici méconsidérée, il paraît nécessaire à présent de passer à une approche plus précise et exhaustive du haut potentiel intellectuel.

La prise en compte d’un second profil cognitivo-comportemental inhérent au HP nous semble ainsi primordiale. Ce profil, que nous nommerons « Laminaire », a probablement été oublié de la littérature car il ne fait que très rarement l’objet de consultations thérapeutiques.

C’est pourquoi nous nous attellerons dans cet exposé à présenter en détail les deux profils relatifs au HP : D’abord le profil le plus répandu, que nous appellerons « Complexe », puis le profil Laminaire.

Outre un QI Total supérieur à 125/130, communément admis pour valider le HP en général, c’est l’observation d’une majorité des caractéristiques décrites qui déterminera surtout l’appartenance d’un sujet à l’un ou l’autre de ces profils (Terrassier et al., 2005).

 HP- Profil Complexe [divider] Cognition

L’enfant à HP- Profil Complexe (HP-C) a besoin d’apprendre, mais surtout de comprendre ce qu’il apprend et pourquoi il l’apprend. Ce besoin de stimulations quasi permanent lui confère une grande curiosité concernant le monde qui l’entoure.

Le processus d’adaptation repose ainsi principalement sur un filtrage des stimulations au travers de son intelligence, et plus particulièrement de ses capacités (défensives) de rationalisation.

La pensée, probablement par adaptation à ce « picorement cognitif », apparaît rapide, fulgurante, associative et intuitive. Il s’agit d’une pensée profondément divergente, où une image en appelle une autre, un mot en fait surgir un autre, pour arriver de fil en aiguille à l’Eureka.

C’est pourquoi tant d’enfants et d’adultes à profil Complexe relatent ce « cerveau qui tourne en permanence », comme si la réflexion était une addiction. Ainsi, l’enfant à HP-C convoite cette drogue ; mais elle l’épuise parfois.

L’univers interne se montre ainsi très riche et imagé, et l’enfant éprouve un grand besoin de prendre régulièrement du temps pour laisser vagabonder sa pensée fantasmatique débordante.

Un autre avantage conféré par ce profil HP-C réside dans la créativité qu’il induit (Gibello, 2003). En effet, le mode cérébral analogique repose sur des associations symboliques et sur une forte charge émotionnelle, terreaux essentiels à la capacité de création.

En revanche, on notera une difficulté dans le raisonnement analytique et dans les capacités d’approfondissement. Cette difficulté est liée à la fois à la préférence cérébrale analogique au détriment d’un fonctionnement digital, et à l’instabilité inhérente à tout processus émotionnel.

Par ailleurs, le mécanisme préférentiel de pensée analogique met l’enfant à profil Complexe aux prises avec une difficulté de planification et d’anticipation. Ce phénomène s’explique probablement par le caractère non chronologique de la pensée en arborescence par opposition au processus de planification.

L’expression psychomotrice se montre ainsi très irrégulière, ponctuée à la fois de « coups de génie corporel » et de « pieds pris dans le tapis ».

Enfin, la vulnérabilité attentionnelle, psychomotrice, et émotionnelle dont souffre souvent cet enfant se montre en décalage avec certaines de ses aptitudes cognitives. Cette dyssynchronie se traduit d’ailleurs par une plus forte hétérogénéité des résultats aux échelles de Wechsler (Terrassier, 2005). [divider]

 Comportement

Le comportement de l’enfant à HP-C correspond généralement à son fonctionnement cognitif : il est assez inégal.

En premier lieu, on observe un enfant à la personnalité atypique, cultivant la différence, sans forcément le vouloir. Que cette différence s’exprime sous une forme introvertie ou extravertie, cet enfant ne passe jamais inaperçu. Il bénéficie et pâtit à la fois d’une présence particulière, connotée positivement ou non.

L’enfant au profil Complexe est animé par une sensibilité « à fleur de peau », qui lui confère souvent un humour cinglant, ayant probablement une fonction sublimatoire.

On le qualifie ainsi fréquemment d’ « incontrôlable », « caractériel », « mal élevé », surtout quand il se trouve dans un contexte où certaines règles sont incontournables : système scolaire, jeu, compétition, vie en société (Terrassier, 2005)… Car cet enfant supporte assez mal l’aspect rigide et froid d’une règle, qui, pour être en mesure de s’adapter à la majorité, s’avère forcément grossière et sans pertinence dans certains cas… ce qu’il ne manque pas de pointer !

Sa différence mal assumée, souvent déniée, et sa sensibilité exacerbée l’emprisonnent ainsi dans des écueils relationnels, et parfois dans une tour de solitude. Qu’il se présente comme un chef de file ou comme un marginal, son attitude au sein du groupe ne souffre pas la demie mesure, de sorte qu’il fait rarement l’unanimité en société…

Consciemment ou non, il peut aisément se mettre en position difficile par la provocation, incapable d’adopter une position politiquement correcte, de sécurité ou d’économie (physique, psychique, relationnelle). Il engendre ainsi, sans le vouloir, désapprobation et rejet, ce qui le fait profondément souffrir.

Pourtant, il s’agit la plupart du temps d’un enfant généreux et attachant. De surcroît, il est en capacité de communier avec l’émotion de son interlocuteur, d’être en sympathie pour l’autre. Mais s’il est apte à « fusionner » émotionnellement, il rencontre une réelle difficulté à faire preuve de suffisamment de flexibilité mentale pour se mettre à la place de l’autre sur un plan affectif tout en gardant une certaine distance. En d’autres termes, il s’agit d’un enfant pourvu de sympathie, mais assez dénué d’empathie.

En outre, l’inconstance des émotions qui le transportent peut l’amener parfois à se montrer agressif envers autrui (Marcelli & Braconnier, 2007). Son côté imprévisible dans la relation semble dès lors trop effrayant pour son entourage, qui, bien que fasciné par lui, a tendance à le tenir à distance pour se protéger de ses ardeurs.

Le parcours scolaire apparaîtra comme hautement dépendant de la relation à l’enseignant. S’il parvient à se nouer une relation qui dépasse les tentatives régulières de cet enfant de questionner les limites posées, et qu’il se crée un lien émotionnel entre l’enseignant et lui, alors l’enfant à HP-C sera en mesure d’exprimer son potentiel. Si, en revanche, la relation qui s’installe est basée sur un rapport frontal dont l’objectif principal est d’amener cet enfant à s’adapter au système coûte que coûte, alors les conséquences au niveau des performances scolaires et du comportement peuvent devenir désastreuses.

D’aucun décriront ainsi l’enfant à HP-C comme manipulateur. Sa compréhension fine des processus émotionnels, bien que mal gérés, et son besoin de maintenir un contact affectif constant comme lien entre lui et son environnement sont pour beaucoup dans cette interprétation.

En réalité, la plupart des enfants à profil Complexe sont en souffrance : Le monde qui les entoure leur est étranger et menaçant, de sorte qu’ils sont contraints de développer des capacités cognitives et une sensibilité extrêmes pour se l’approprier, au prix d’une dépense attentionnelle considérable.

Par ailleurs, la différence de temporalité et de spécificités entre sa réalité interne et la réalité externe plonge souvent cet enfant dans un sentiment de frustration intense, qu’il a bien du mal à maîtriser. Il ne supporte pas de ne pas réussir immédiatement une tâche, et préfère l’abandonner ou ne pas s’y engager pour ne pas avoir à faire face à une angoisse d’échec. Il éprouve aussi la plus grande difficulté à faire preuve de patience ou à ne pas voir son désir assouvi.

En résumé, l’enfant à Haut Potentiel Intellectuel, profil Complexe, bénéficie d’une pensée hors normes, d’une grande créativité et d’une capacité d’attachement considérable. Cependant son inconstance dans l’effort et les irrégularités dans ses capacités cognitives, psychomotrices et relationnelles font de lui un enfant souvent fragile, isolé et en souffrance qu’il convient d’accompagner pour valoriser son potentiel et minimiser ses handicaps. [divider]

 Personnages et personnalités à HP-C

Tom Sawyer, Heidi, Sophie (Les Malheurs de Sophie), Aladin, Le Petit Prince, Julien Sorel, Dark Vador, Calvin (Calvin et Hobbes), Léonard de Vinci, Wolfgang Amadeus Mozart, Vincent van Gogh, Nostradamus, Camille Claudel, Coco Chanel, Arthur Rimbaud, Oscar Wilde, Winston Churchill, Charles Baudelaire, Albert Einstein, Sigmund Freud, Napoléon 1er, Pablo Picasso, Francis Bacon, Salvador Dalì, Romain Gary, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Madonna, Mickael Jackson, Eric Zemmour, Michel Onfray, Nicolas Bedos, Alain Finkielkraut, Raymond Domenech, Fabrice Luchini, Roberto Benigni, Gaspard Proust, Jean-Marie Bigard, Peter Doherty, Amy Winehouse.

  HP- Profil Laminaire [divider] Cognition

L’enfant à HP- Profil Laminaire (HP-L) trouve habituellement du plaisir à apprendre ; cependant il ne s’agit pas pour lui d’une nécessité « vitale ». On sera surpris par son ouverture d’esprit et par sa capacité à répondre de façon appropriée à des stimulations diverses et variées…

Ouvert d’esprit, mais non pas curieux : contrairement à l’enfant à profil Complexe, l’enfant à profil Laminaire ne part pas en quête de connaissance avec une avidité fébrile, mais fait preuve pour autant d’une acceptation et d’un enthousiasme sereins quand l’information se présente à lui.

Cet enfant ne se sent pas fondamentalement différent des autres enfants de son âge. En effet, sa spécificité se révèle beaucoup plus fonctionnelle que structurelle. Il raisonne en général très tôt sur un mode analytique. C’est alors la qualité d’utilisation de ses capacités cognitives qui va le distinguer de ses pairs, et non pas son mode de pensée, comme l’enfant à HP-C. Aussi sa rapidité d’esprit et son efficacité s’expriment-elles de façon proportionnelle à son degré d’entraînement dans le domaine travaillé.

L’enfant à HP-L ne se montre ainsi pas particulièrement créatif et entreprenant, excepté dans les registres qu’il maîtrise et qui le motivent. Mu par une nécessité d’autoconservation, il lui faut un certain sentiment de sécurité pour être en mesure de s’exprimer pleinement dans une discipline. En revanche, une fois qu’il a acquis la certitude de sa compétence, il peut accepter le danger, et même le rechercher parfois, en vue de parfaire sa maîtrise du champ de son choix. Sa grande lucidité, additionnée à la prise de risque qu’il s’octroie, le rendent ainsi redoutable dans son domaine d’exercice.

L’enfant à HP-L acquiert de bonne heure une capacité, voire un besoin de planification et d’anticipation. Pas de difficulté outre mesure, ainsi, dans l’application des règles éducatives. Cependant, l’impossibilité de prévoir et d’anticiper le place dans une angoisse qui l’inhibe jusqu’à ce qu’il ait pu élaborer une stratégie d’ajustement, contrairement à l’enfant à HP-C qui réagit en jouant avec l’imprévu par contournement ou confrontation.

Le fonctionnement cognitif est à prédominance analytique. Le processus de pensée s’effectue ainsi sur un mode linéaire, avec un raisonnement principalement déductif et de bonnes capacités d’approfondissement. Néanmoins on note une moindre aptitude dans la pensée globale et la généralisation, et une tendance à « prendre pour argent comptant » le comportement et les mots prononcés par autrui.

Parcours scolaire, sport, musique, tous les domaines sont susceptibles de convenir à l’enfant à profil Laminaire dans son évolution. En effet, les acquisitions sont en général régulières, sans dyssynchronie cognitive, cognitivo-affective ou psychomotrice, de sorte que l’on observe généralement des résultats assez homogènes aux échelles de Wechsler. [divider]

 Comportement

Tout d’abord, on observe un enfant à la personnalité « facile ». On ne sent pas en lui le sceau d’un esprit torturé. Il se présente par un abord assez simple, sans « fioritures », sans en faire trop pour attirer l’attention sur lui.

Que ce soit sur un plan vestimentaire, postural, comportemental ou relationnel, on peut parler d’un enfant qui sait en général être à sa place.

Lui aussi, pourtant, comme l’enfant à HP-C, est doté d’une présence particulière. Mais on décrira davantage cette présence comme « une aura ». Il ne s’agit pas ici d’une manière d’être-au-monde qui fait presque systématiquement violence à autrui. Au contraire, l’enfant, comme l’adulte à profil Laminaire, fait généralement l’unanimité.

Il est par ailleurs pourvu d’une grande lucidité qui lui confère souvent un sens critique aiguisé. Ce mode de pensée lui est utile pour servir son besoin d’excellence propre à satisfaire sa construction personnelle. La préoccupation pour l’amélioration du monde vient ainsi en seconde position, après la nécessité de se construire en tant « qu’homme/femme de bien ».

Aussi, il se montre assez tôt exigeant quant aux enseignements, notamment scolaires, qui lui sont donnés.

Par ailleurs, sa sensibilité fine, sans être exacerbée, fait de lui un enfant suffisamment empathique pour comprendre ce que l’on attend de lui et ce qu’il peut attendre d’autrui. Il conçoit dès lors qu’un adulte puisse ne pas se trouver en mesure de tenir sa promesse. La parole donnée lui importe, comme tout un chacun, mais il sait se montrer flexible avec cette notion. En revanche il se fait une haute idée de la distinction du bien et du mal.

Le sentiment d’être différent ne constitue pas un problème pour l’enfant à HP-L, car sa spécificité s’exprime le plus souvent sur le plan du « faire » et non de l’« être ». En outre, cette différence est en général toute à son avantage et le valorise.

Le parcours scolaire s’avère assez régulier et de très bon niveau, dès lors que l’enfant a trouvé ses repères et son équilibre dans l’environnement de l’école.

L’enfant à HP-L perçoit le monde comme un trésor de ressources qu’il suffit d’explorer, et non pas comme une menace. Il ressent une certaine facilité à tirer les fils adéquats pour obtenir les informations nécessaires à sa progression. Son comportement tend ainsi ordinairement vers la construction d’une évolution cohérente avec ses capacités et ses désirs.

Bien que confiant dans lui-même, il peut vivre une forte anxiété quand il est susceptible de ne pas être le premier ou de ne pas répondre aux attentes d’autrui, particulièrement d’un adulte. Cependant, dès lors qu’il trouve l’attitude correcte et surtout généralisable et reproductible à adopter pour satisfaire à ses exigences envers lui-même, le degré d’anxiété s’affaiblit considérablement.

En résumé, l’enfant à Haut Potentiel Intellectuel, profil Laminaire, bénéficie de capacités cognitives, psychomotrices et relationnelles de bon niveau et –le plus important– en adéquation avec son environnement. Il n’éprouve ainsi pas la nécessité de défendre ou d’imposer sa place au sein du monde, puisqu’il sent cette place déjà acquise. Si aucun traumatisme ne vient freiner son évolution, le parcours de vie de cet enfant se révèle en général constructif et adapté. [divider]

 Personnages et personnalités à HP-L Astérix, Tintin, Mickey Mouse, Buzz l’Éclair, Fée Clochette, Dora l’Exploratrice, Harry Potter, Le Petit Nicolas, Merlin l’Enchanteur, Maître Yoda, Mac Gyver, François Rabelais, François 1er, Louis XIV, Victor Hugo, Henri Bergson, Claude Monet, Auguste Rodin, Raoul Dufy, Charles de Gaulle, John Fitzgerald Kennedy, Antoine de Saint-Exupéry, Roger Federer, Raphaël Nadal, Yannick Noah, Sébastien Loeb, Didier Deschamps, Bill Gates, Jacques Attali, Jean d’Ormesson, Michel Serres, Laurent Deutsch, Nathalie Kosciusko-Morizet, Stephen Hawking, Hubert Reeves, Tenzin Gyatso (Dalaï-Lama), Mère Theresa, Mathieu Chedid, Jean-Jacques Goldman, Natacha Polony, Francis Cabrel, Boris Cyrulnik. [divider] Conclusion

Parmi les enfants à HP, la majorité de ceux que nous rencontrons pour un accompagnement présentent un Profil Complexe. Les enfants à HP-L, quant à eux, n’ont pas vraiment besoin de nos services, excepté dans le cas du passage d’un moment critique, ou dans une optique de coaching pour le développement de potentiel.

Cependant, ce profil, par l’attitude et la gestion mentale qui le sous-tendent, implique beaucoup moins d’angoisse et de souffrance que le Profil Complexe.

C’est la raison pour laquelle, par la connaissance des processus en jeu dans le Profil Laminaire, nous pouvons nous atteler à aider les enfants à HP-C à migrer vers le HP-L, en les accompagnant dans la capitalisation et la sédimentation de leur potentiel.

Nombre d’adultes à HP-C que nous connaissons ont pu se rapprocher du Profil Laminaire en travaillant sur eux-mêmes, et trouver ainsi un équilibre et une sérénité dans leur vie.

Bien sûr, le fond reste présent, la pensée toujours aussi bouillonnante et les relations aux autres toujours insolites. Mais nous sommes en mesure de les guider pour qu’ils apprennent prioritairement à se protéger d’eux-mêmes et de leur tendance à l’auto-sabordage.

Cette guidance peut s’opérer sous différents angles : cognitif, psycho-comportemental, médical… Cependant elle nécessitera avant tout l’apprentissage de la constance et de la quête de sens et d’objectivité, socles indispensables à la construction identitaire. [divider]

Références

Bénony H., Van der Elst D, Chahraoui K, et al. (2007) Lien entre dépression et estime de soi scolaire chez les enfants intellectuellement précoces. L’Encephale, 33, 11–20.

Gibello B. (2003) Problèmes soulevés par le surdon intellectuel de l’enfant. Le journal des professionnels de l’enfance, 25, 37–40.

Marcelli D., Braconnier A. (2008) Le problème de l’agir et du passage à l’acte. 7e ed., Adolescence et psychopathologie, Paris, Masson.

Revol O, Bléandonu G. (2010) Précocité, talents et troubles d’apprentissage. Dans : Approche neuropsychologique des troubles d’apprentissage, Masson.

Robert G., Kermarrec S., Guignard J.-H., Tordjman S. (2010) Signes d’appel et troubles associés chez les enfants à haut potentiel, Archives de Pédiatrie, 17, 1363-1367

Terrassier J.C. (2005) Les dyssynchronies des enfants intellectuellement précoces. Dans : Tordjman S., Les enfants surdoués en difficulté, de l’identification à une prise en charge adaptée. Rennes, Presses Universitaires de Rennes.

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Psyrene

Le Centre PSYchologie, REcherche, NEurosciences se situe à Lyon, sur le plateau de la Croix-Rousse (69004). Il regroupe différents praticiens : psychologues, neuropsychologues, hypnothérapeutes, sophrologues, praticiens en TCC, en neurofeedback, en réalité virtuelle, en méditation pleine conscience, méthodologiste et psychopédagogie « Apprendre à Apprendre ».

Commentaires (14)

  • mlca66

    |

    j’ai lu avec attention votre texte.
    je m’interroge sur le profil HPI C que je trouve présenté de manière peu positive, la conclusion en particulier…
    et plutôt réducteur… les enfants que je connais sont un peu des deux…

  • Psyrene

    |

    Merci de votre commentaire.
    Je comprends que le profil HPI-C puisse sembler être dépeint de façon « négative », du fait de la charge de souffrance vécue par ces enfants…
    Concernant le côté « réducteur », j’y vois deux raisons :
    1) La forme internet ne permet pas de longs développements
    2) La modélisation théorique force à la caricature.

  • gabylane

    |

    article très intéressant, clair et qui décrit trait par trait le profil de mon enfant(HPI-C) . Ca fait du bien de mettre des mots sur des sensations, et du mal de les revivre en les lisant!
    Merci en tout cas à tous ceux et toutes celles qui s’intéressent à cette question, qui partagent leurs connaissances et nous aide à y voir si pas plus clair, en tout cas moins « sombre »…

  • Gabrielle

    |

    Mon experience personnelle est un melange des deux profils ci-dessus. J’ai ete toute ma vie extremement en porte a faux avec mon environnement, et tres solitaire. J’ai eu une pensee originale et divergente en ce qui concerne mes reflexions personnelles – je reflechissais a des questions philosophiques avec une passion inhabituelle a 7 ans, et me suis sentie bien seule…

    Du point de vue scolaire, avec deux ans d’avance, et premiere de la classe, j’avais necessairement un decalage certain avec mes camarades. Cependant, je suis rentree dans le moule du systeme tel que le systeme l’attend : je n’ai pas ete en porte a faux avec mes enseignants et ai ete une eleve telle qu’ils en revaient. Une des raisons pour cela en est peut-etre le fait que mes parents sont enseignants. Etant donnee leur experience directe du systeme, ils ont accorde beaucoup d’importance a ce que je sache m’inserer positivement dans ce systeme au lieu de m’y opposer. Ils ont toujours fait bloc avec l’ecole tout en ne lui faisant absolument pas confiance pour eduquer leurs enfants…

    Concernant mon rapport au savoir, je presente des caracteristiques des deux profils. Une de mes exigences, par exemple, en mathematiques, est que je ne considere un probleme de maths comme vraiment resolu que lorsque je « vois » la solution (d’une vision holistique et « intuitive »), mais que je suis aussi capable de suivre le raisonnement pas a pas (de facon lineraire donc) et capable de l’ecrire en langage formel mathematique.

    De meme, dans mes reflexions personnelles, j’ai toujours souhaite mettre en accord mes emotions et mon raisonnement et ne considerais un probleme (philosophique par exemple) comme resolu que lorsque j’avais reussi a mettre ces deux aspects en phase.

    Je suis effectivement d’accord que la modelisation est forcee de sur-simplifier. D’un autre cote, ayant vu pour ma part combien un simple modele peut parfois etre repris comme « sacre » (comme l’idee que l’on n’est a haut potentiel que si on a un profil « complexe », ou la supposition que tout le monde est soit visuel, soit auditif, soit kinesthetique), je pense qu’il pourrait etre utile de presenter quelques exemples de profils plus melanges pour illustrer la complexite de la realite…

    Gabrielle

  • DADOU

    |

    Merci pour cet article : nous aussi, nous avons « reconnu » point par point notre fils de 8 ans (HPI-C) et, comme pour Gabylane, nous sommes à la fois soulagés de trouver enfin des informations précises sur ses difficultés et inquiets d’avoir encore d’énormes problèmes à être compris donc aidés.
    La conclusion de l’article nous semble positive puisqu’il serait possible de permettre aux HPI-C de tendre vers les comportements de HPI-L, « en les accompagnant dans la capitalisation et la sédimentation de leur potentiel » : qui peut nous aider dans ce sens ? Cette approche est-elle récente ? En dehors des grandes agglomérations, est-il possible d’être entendu et compris ?
    Nous attendons également avec impatience la mise en ligne des interventions du congrès de juillet 2011.

  • rachel

    |

    Je pense que HPI à profil complexe = HPI à fonctionnement psychique essentiellement sur un mode psychotique, = enfant, adulte en profonde souffrance psychique, et HPI à profil laminaire = HPI à fonctionnement psychique essentiellement sur un mode névrotique. Je pense que c’est « normal » de se retrouver plus ou moins dans les deux profils parce que tout le monde fonctionne sur les deux modes psychiques : psychotique et névrotique, selon les moments, qu’on soit de profil psychotique, état limite ou névrosé. Je suis d’accord avec Fanny, oui, c’est possible de passer d’un profil complexe à un profil laminaire, oui, c’est possible de s’organiser dans sa tête et dans son corps, même à la quarantaine, comme cela a été le cas pour moi. Cela l’est encore bien davantage pour des enfants au psychisme moins bétonné de défenses que les adultes. Dadou, je ne pense pas qu’il faille nécessairement se faire aider par quelqu’un de spécialisé en douance, ça peut même vite devenir enfermant. Je pense que l’important est de trouver un thérapeute plein d’humanité, de chaleur et de créativité… enfin pas UN mais DES, parce que HPI à profil complexe = HPI complexe à aider et à besoin d’une aide pluridisciplinaire. Personnellement, je me suis faite aidée et continue de me faire aider par une psychologue, un psychanalyste et une thérapeute psycho-corporelle.

  • DADOU

    |

    Merci Rachel pour ce message : effectivement, nous avançons « à tatons »; ainsi cela fait seulement quelques mois que nous avons entrepris divers bilans puis diversifiées les prises en charge en fonction des résultats : désormais, en plus du psychologue, notre garçon voit un psychomotricien et a suivi une série de séances d’orthoptie (mais pas de besoin en orthophonie). Il ressort aussi un problème d’attention et de concentration qui, sans être pathologique, peut être pénalisant dans les aprentissages. Si on nous avait dit il y a maintenant plusieurs années qu’une approche globale était souhaitable (pour ne pas dire indispensable !), nous aurions gagné du temps, de l’énergie et de la sereinité ! Enfin, nous avançons !

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