Pas d’éducation dans les supermarchés

Doit-on profiter de chaque moment de la vie quotidienne pour procéder à l’éducation de son enfant ?

Votre enfant ne dit pas « bonjour » à la dame. Faut-il insister jusqu’à ce qu’il prononce la parole attendue ou le laisser faire ?

En premier lieu, insister auprès de son enfant jusqu’à ce qu’il dise « bonjour » entraîne avec certitude une gêne pour la pauvre dame qui se voit prise en otage de votre entreprise éducative. La voilà contrainte à prendre position en murmurant « ce n’est pas grave » ou « mais si, il l’a dit », pour tenter de mettre fin à ce supplice.

De votre côté, vous vous mettez également dans une situation délicate car, si votre insistance ne porte pas ses fruits, vous risquez de vous sentir quelque peu ridicule, et même d’avoir à enchérir en durcissant la sanction (explications longues, haussement de ton ou fessée), qui deviendra ainsi disproportionnée par rapport aux faits.

Du côté de l’enfant, la démarche éducative a très peu de chances d’aboutir dans ce cadre: l’émotion du bras de fer devient trop forte et vient court-circuiter l’apprentissage.

Il semble important de préciser que tout apprentissage ne peut s’effectuer que dans un contexte anodin, et jamais en situation « extrême ». En effet, le processus éducatif nécessite une stratégie presque imparable. Vous devez être en mesure d’aviser en fonction de la réaction de votre enfant : « s’il obéit immédiatement, c’est bien, mais si ce n’est pas le cas, je dois pouvoir réagir en toute liberté, en expliquant, en l’isolant ou en le réprimandant ». Il doit forcément y avoir un plan B qui vous permette de parvenir à vos fins, à savoir permettre à votre enfant d’intégrer un comportement adapté face à une situation donnée.

Or, dans un lieu public ou en société, les éléments ne sont pas rassemblés pour que vous puissiez suivre votre stratégie de part en part. Il existe trop d’éléments incontrôlables, car n’étant pas de votre ressort.  D’abord, dans la vie sociale, l’éducation est directement mise en conflit avec le regard de l’autre. Vous n’êtes à l’évidence pas le même parent quand vous interagissez avec votre enfant dans l’intimité du foyer ou au sein de la famille élargie, en présence d’amis, de collègues de travail, de connaissances ou d’inconnus. Le regard de l’autre vous transforme et vous pèse, de sorte que le message que vous souhaitez transmettre à votre enfant s’en trouve forcément, lui aussi, transformé et pesant. Par ailleurs, l’enfant sent qu’il a le pouvoir de vous faire fléchir lorsque vous êtes en société, car vous n’êtes pas en situation de lancer une longue discussion sur son comportement, ni d’aller plus loin si nécessaire.

Pour autant, les règles sociales vous obligent à montrer à l’entourage que vous êtes un « bon parent éducateur ». Il faut ainsi montrer patte blanche, afin de ne pas passer pour un parent qui laisse tout faire. Mais il convient de ne pas s’y tromper, il s’agit uniquement d’un code social, d’un message adressé à l’entourage présent, et non pas directement à votre enfant. Dans le cas du « Bonjour à la dame », vous pouvez simplement dire, devant la dame « Dis bonjour ! ». S’il n’obtempère pas, vous pouvez, évidemment, montrer que vous n’êtes pas content par un « Oh !… Julie… Ce n’est pas bien !… ». Ce langage montre que vous connaissez et appliquez les règles sociales, mais ne prend pas vraiment de valeur éducative. L’éducation se fera par la suite, dans la voiture ou à la maison. Elle commencera par « Tout à l’heure, tu n’as pas dit « bonjour » à Mme …, je ne suis pas content. Or ce n’est pas la première fois que ça arrive. Si cela se reproduit, tu n’auras pas droit à ton dessert préféré ce jour-là ». Pensez que la sanction doit toujours être proportionnelle à la gravité des faits. Par ailleurs, plus l’enfant est jeune et moins la sanction devra être éloignée dans le temps par rapport à l’acte inadapté. Vous pouvez aussi choisir de ne pas réprimander votre enfant, mais de répéter inlassablement à chaque situation de ce genre qu’il faut dire « bonjour » quand on rencontre quelqu’un, jusqu’à ce que cela devienne un automatisme. Cela peut prendre des années, mais est-ce grave ? L’important, c’est que vous lui donniez les moyens de devenir un adulte qui applique les règles sociales. Il n’est pas si primordial qu’il les applique dès 4 ou 5 ans.

Certains parents ont tendance à penser qu’une situation de vie sociale, que j’appelle « situation extrême », peut avoir sur leur enfant un effet d’électrochoc bénéfique. Or, bien qu’un apprentissage puisse s’effectuer en situation extrême, il prendra alors une valeur de traumatisme (petit ou grand). Tout apprentissage par le traumatisme ne peut être totalement contrôlé, et on ne sait jamais quels seront les effets à terme. Penser que telle ou telle situation « servira de leçon » à son enfant est donc a priori juste, mais les conséquences réelles sont tellement difficiles à prévoir que ce n’est pas, loin de là, la meilleure option.

Une maman me raconte, par exemple, que son fils de 7 ans a de temps en temps de petits accidents urinaires dans la journée. Elle a essayé plusieurs fois de lui en parler ou de le punir. Rien n’a fonctionné. Un jour que son fils est en plein cours de tennis, l’enseignant l’interpelle devant tout le groupe : « Gaspard ! Pourquoi ton pantalon de jogging est-il mouillé ? Est-ce que c’est du pipi ?… Réponds ! Est-ce que c’est du pipi oui ou non ? ». L’enfant répond par un « oui » extrêmement gêné. Les autres enfants se mettent à rire. La maman m’exprime alors sa satisfaction : « Depuis le temps que j’essaie de lui faire intégrer la propreté ! Cette humiliation lui servira de leçon ! Il n’est pas prêt de recommencer ! ».

Bien sûr, dans une logique classique de cause à effet, cette maman a raison. Mais c’est sans connaître la logique psychique, qui est toute autre. Une situation traumatique comme celle-ci peut, évidemment, servir de leçon à l’enfant. Mais elle peut aussi créer en lui l’effet inverse, c’est-à-dire qu’il ne soit plus en mesure de contrôler sa vessie dans les situations extrêmes, ou encore qu’il devienne phobique vis-à-vis de tout contexte social du même ordre, et refuse alors de participer à des activités extra-scolaires. Dans ce cas, le mieux reste de relativiser au maximum ce qui s’est passé : « Houlala, si tu savais à combien de personne c’est arrivé ! Tes copains ont ri, mais je suis sûre qu’ils font aussi pipi dans leur culotte régulièrement. Tu te souviens, Marina, quand tu étais en classe ? Et Lucas quand il est venu à ton anniversaire ! Je me rappelle comme j’ai eu honte, moi aussi, quand ça m’est arrivé étant petite. C’est normal à ton âge. Mais mon travail de maman, c’est de t’aider à ce que ça n’arrive plus, et on y arrivera mon chéri ! ».

Dans le cas d’un caprice dans un supermarché, la solution est celle du moindre mal, car vous êtes complètement limité dans vos options d’éducation. Le moindre mal, c’est ici de finir vos courses au plus vite, quitte à ne prendre que l’essentiel et à devoir y retourner plus tard pour le reste, et revenir en « lieu sûr » avec votre enfant pour sanctionner ses agissements.

On peut ainsi proposer un précepte simple : l’éducation, c’est à la maison !

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Psyrene

Le Centre PSYchologie, REcherche, NEurosciences se situe à Lyon, sur le plateau de la Croix-Rousse (69004). Il regroupe différents praticiens : psychologues, neuropsychologues, hypnothérapeutes, sophrologues, praticiens en TCC, en neurofeedback, en réalité virtuelle, en méditation pleine conscience, méthodologiste et psychopédagogie « Apprendre à Apprendre ».